Oº°‘¨ ŊεVεяLąηD ♣ Cℓoςε γoųr εyες bųŧ kεεp γoųr miŋd ωidε opεŋ... ¨‘°ºO

Un petit coin d’enfance, de rêves et de magie à travers ce blog rempli de poussière d’étoile…

dimanche 15 mai 2011

Lectures d'avril 2011

 

Avril 2011 :

 

-          Le Sud après la guerre de Sécession : (1865-1896), Caroline Rolland, Andrew Diamond, Yann Philippe et Jonathan Magidoff ***

-          Tiffany Trott’s Trials, Isabel Wolff ****

-          Alice au royaume de coeur (tome 1), Quinrose & Hoshino Soumei ****

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samedi 2 avril 2011

Raiponce, de Disney (2010)

1

 

Il est sorti il y a des mois, mais je ne l’ai vu que hier soir, car j’avais à l’époque boycotté la 3D au cinéma, et hier, mon amoureux me l’a offert, et nous avons passé la soirée devant.

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J’étais au courant de sa sortie depuis plusieurs années et j’avais donc eu le temps de spéculer dessus. Donc j’avoue que j’appréhendais ce film, depuis la déception de La princesse et la grenouille l’an dernier ainsi que la plupart des Disney de cette dernière décennie qui ne m’ont pas réellement fait rêver, à part Hercule et La planète au trésor. Je craignais de nouveau un manque d’originalité, du far-fetched, du gnangnan exagéré, voire du vaseux, avec des gags pipi-caca… Brefle, j’étais très méfiante mais… vous imaginez bien que si je poste un article aussi rapidement dessus, ce n’est pas pour rien…

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Donc j’ai ADORE, avec toutes les lettres en capital, oui, oui ! Par Salazar, quelle merveilleuse surprise ! J’ai passé un moment des plus magiques devant ce film et lorsqu’il s’est arrêté, ma seule envie a été de le regarder à nouveau ! C’est un VRAI Disney, à la manière de ceux des années 1990, et le fait qu’il soit en images de synthèse ne gâche rien. Je m’y étais habituée depuis les Pixar et autres dessins-animés, et cela ne m’a absolument pas gênée, au contraire, même.

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Inspirée du célèbre conte de Grimm, que j’adore évidemment, l’histoire commence avec Flynn Rider, narrateur du film, un jeune voyou activement recherché dans le royaume, qui finit par trouver refuge dans une tour mystérieuse. Mais il n’avait pas prévu que celle-ci logeait Raiponce, une belle jeune fille aventureuse à l’impressionnante chevelure qui, méfiante, le prend en otage. Cherchant un moyen de sortir de cette tour où elle est enfermée depuis des années par celle qu’elle croit être sa mère, elle décide donc de faire un marché avec le jeune bandit : s’il l’aide à sortir pour aller voir les fameuses lumières qui n’apparaissent qu’une fois par un, à son anniversaire, elle lui rendra sa sacoche. C’est le début d’une aventure délirante pleine d’action, d’humour, d’émotion et de surprises pour le duo Flynn-Raiponce qui vont rencontrer des personnages hauts en couleur et attendrissants et se retrouver dans toutes sortes de situations passionnantes.

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L’histoire diffère de celle du conte mais avec des points communs bien exploités pour donner naissance à un conte de fées à la fois traditionnel et moderne, entre romantisme, humour, action et magie. Pour commencer, l’esthétisme est très beau, avec des décors de royaume enchanté à couper le souffle, tout comme la chevelure de Raiponce qui est impressionnante de détails, et le début de l’histoire, après le prologue humoristique de Flynn, on est immédiatement plongé dans l’univers du conte de fée avec l’histoire de la fleur magique, la naissance de la princesse et son enlèvement. Dès lors, on s’attend à être plongés dans une histoire où tous les ingrédients seront réunis pour nous faire rêver, trembler et rire, et la publicité ne fut pas mensongère !

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Au-delà du simple divertissement, le film nous propose de réfléchir sur plusieurs thèmes intéressants, comme celui des rêves qu’il faut chercher à atteindre, classique de chez Disney, du confort d’une vie sans danger et ennuyeuse contre une vie faite de plus de risques mais ô combien passionnante, avec l’exploitation des rapports mère-fille complexes, entre amour et surprotection étouffante.

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Dès la fin du film, j’ai décrété que Raiponce était mon nouveau Disney favori, même si cela se jouera au long terme… Cela n’est pas chose aisée de détrôner La petite sirène ou La belle et la bête, tout de même ! Et Raiponce est ma nouvelle héroïne disneyienne préférée, celle que j’attendais depuis Ariel… Je t’assure, Lily, elle n’a rien à voir avec la greluche que tu redoutais. Je l’ai adorée du début à la fin. Elle est tellement… moi ! XD Elle est douce, naïve et rêveuse, comme une vraie princesse traditionnelle de Disney, mais également très, très drôle, complètement cinglée, rebelle, hystérique et violente… Sa manière de taper et maltraiter Flynn avec sa poêle à frire au début est hilarante. Et son petit air filou et machiavélique… aaaaw ! Et elle ne se laisse pas faire, elle cogne et elle se défend, cette demoiselle. Il y a quelques semaines, Faustine me disait que je lui faisais penser à Raiponce et que je lui ressemblais au niveau de la forme du visage, du menton, des lèvres et des dents… Je peux à présent totalement apprécier et être flattée de ce très joli compliment. Et pis elle a une robe rose et marche pieds nus, et elle peint et elle aime la lecture :) Oui, j’ai vraiment adoré cette princesse géniale qui évolue vraiment au fil du film, d’autant que son changement de look à la fin… Je ne spoile pas, mais rien n’aurait pu me faire plus plaisir ^^ D’ailleurs, sa chevelure représente carrément un personnage à lui tout seul tant son rôle est important, tant visuellement que pour l’intrigue. Et l’apparence de la princesse la rend d’autant plus attachante qu’elle rappelle les anciennes princesses, à qui elle n’a rien à envier d’ailleurs. Du reste, son animation est réussie, elle a des expressions très variées et des mimiques attachantes.

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Et les autres personnages ne sont pas en reste. Cela ne tombe pas dans le manichéen, notamment grâce à la méchante de l’histoire, la mère Gothel, qui est une sorcière aussi égoïste et manipulatrice que séduisante, et d’autant plus inquiétante qu’elle est mielleuse et très tordue avec une répartie savoureuse. Ses motivations, habituelles pour un Disney encore une fois, l’éternelle jeunesse, sont malgré tout suffisamment exploitées pour que l’on puisse comprendre le personnage et ne pas la voir comme une simple méchante qui cherche à nuire sans raison. Et son personnage est d’autant plus intéressant qu’elle a élevé l’héroïne comme sa propre fille, et qu’entre elles est donc fondée une relation mère-fille, bien que compliquée et que l’on ne sent pas toujours sincère, mais qui va créer un dilemme fort intéressant chez la petite Raiponce. J’ai vraiment été charmée par cette méchante, dans la lignée de la sorcière de Blanche-Neige et qui rappelle le machiavélisme de Jafar ou de Scar.

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J’ai également beaucoup apprécié que cela se passe du point de vue de Flynn qui n’est ni un prince, ni un dieu, ni un héros, juste un bandit, et le parallèle avec Aladdin s’arrête là (contrairement au prince de La princesse et la grenouille dont j’ai oublié le nom). Il est absolument hilarant, avec sa malhonnêteté comique, son côté dragueur à la Joey Tribbiani, prétentieux et sûr de lui et qui s’avèrera finalement un héros épique et très protecteur, tout en restant un personnage bourré d’humour. D’ailleurs, sa dernière réplique du film est absolument irrésistible.

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Un gros coup de cœur pour Maximus, le cheval-flic, que j’ai trouvé hilarant et qui m’a fait beaucoup rire durant toutes les scènes où il apparaît. Le petit caméléon, Pascal, est adorable, et la bande de brigands forment un groupe très sympathique, comique et touchant, au final. Et tout ce petit monde donne lieu à des gags très rigolos, sans que cela ne soit too-much pour autant.

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Et pour les héros, il ne s’agit pas simplement de trouver le grand amour et de vivre heureux. Ce sont des personnages entiers et profonds qui cherchent à découvrir le monde et à réaliser leurs rêves, avant de se trouver et que chacun devienne le nouveau rêve de l’autre. Et au final, ils forment un couple princier très mignon mais également moderne, comme le souligne la dernière touche d’humour du film. Ils m’ont d’ailleurs rappelé le couple de Prince of Persia… Un Disney aussi, sans doute pour cela :)

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Les aventures que vivent les héros sont également passionnantes, sans longueurs ennuyeuses, avec un bon rythme pour arriver à une fin parfaite sans que l’on ait décroché une seule fois. Les scènes de cascade avec les cheveux de Raiponce sont d’ailleurs extraordinaires, et ellr semble dotée d’une force herculéenne XD

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Pour tout cela, il m’a enchantée, et éveillé ma nostalgie, d’autant que c’est le premier Disney, à mon goût, qui a su marier tradition et modernité avec naturel pour au final, séduire les deux écoles. Du reste, même si c’est mignon et romantique, cela ne sombre pas dans le mièvre pur et niais, et d’ailleurs le moment romantique du film, où Raiponce et Flynn sont sur leur gondole à regarder les lanternes, était juste parfait.

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Les chansons étaient mignonnes et bien dans l’esprit des Disney de princesses, avec un peu plus de modernité, très agréables, sans être pour autant les meilleures chansons Disney que j’ai entendues ; il y a de très sérieux rivaux à ce niveau-là. Un seul petit bémol pour la toute première chanson du film, « Où est la vraie vie ? » chantée par Raiponce, à mon goût trop rythmée et faisant pop pour adolescentes, mais je connaissais déjà l’OST donc je savais à quoi m’attendre.

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Voilà, c’était magique, c’était épique, comique, romantique et féerique. Merci Disney pour cette petite merveille rafraichissante qui a su allier tout ce que j’aime et recherche aujourd’hui dans les histoires de ce genre. Ça rappelle donc les vieux Disney mais aussi les Pixar et certains dessins animés de la Fox, en réunissant le meilleur. Raiponce me faisait d’ailleurs un peu penser à la princesse Fiona, qui d’ailleurs TE ressemble, Faustine (en version humaine, évidemment ;)) Maintenant, je veux le livre et des goodies Raiponce, d’abord. Et puis je précise que je l’ai vue en français (les dessins animés, en particulier les Disney, étant les seuls films que j’apprécie en VF) et que les voix étaient également très bien et adaptées aux personnages. La VO me donnera une excuse pour le revoir au plus vite ;) Je ne regrette vraiment pas d’avoir attendu, pour l’apprécier dans les meilleures conditions, à savoir dans le home-cinéma de mon chéri et pas dans une salle en 3D avec plein d’enfants qui crient. Tu avais raison, Ella, il ne pouvait que me plaire. Tu en parlais comme « un vrai Disney avec un message un peu plus rebelle, justement, mais au niveau graphique il est très beau, avec un côté autant féerique que gothique, une belle musique, et les quatre personnages, Raiponce, Mother Gothel, le cheval et Flynn sont vraiment attachants. » C’est tout à fait ça, comme d’habitude, tes mots sonnent juste et complètent les miens pour ce film.

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Donc je le conseille fortement à toutes mes amies princesses, fées, vampires ou elfes qui ne l’auraient pas encore vu. Il est magique, c’est promis, and not ‘pirate’ promise ;) C’est sans doute le meilleur dessin animé de 2010 avec Dragons… Vous avez vu comme je suis complètement hystérique et surexcitée par ce film ? Je me fais presque peur, mais je suis contente XD Encore merci, mon chéri.

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lundi 21 mars 2011

La fontaine pétrifiante, par Christopher Priest (2003)

 

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Un livre que m’a offert Ella pour mon anniversaire. Je l’ai fini récemment et je me suis dit qu’une petite note dessus s’imposait. Il mérite bien sa place ici.

 

L’histoire est celle de Peter Sinclair, écrivain désœuvré ayant subi des épreuves douloureuses dans sa vie personnelle, qui décide de rédiger son autobiographie afin de mieux se connaître et de faire le point sur sa vie. Il s’isole et se consacre alors corps et âme à son manuscrit à la campagne. Mais de fil en aiguille, il se prend à rédiger une histoire mettant en scène sa vie dans un univers imaginaire dans lequel il rédige également son autobiographie où Londres et sa vie ne sont que fiction, et s’est vu donner accès à l’immortalité par le biais d’une loterie douteuse…

 

C’est, disons, un roman assez barré, avec une double mise en abyme parfois un peu perturbante et hallucinée. L’histoire est osée et ambitieuse, mais tient la route et l’idée m’a d’emblée séduite. L’auteur y soulève plusieurs thèmes philosophiques, tels que la vie et la mort, l’accès à l’immortalité et son prix, la vérité et le mensonge, et surtout la frontière qu’il y a entre ces choses, finalement très abstraite et souvent confuse… Et c’est avant tout un roman sur l’imaginaire et l’acte d’écrire. Priest nous invite en effet à réfléchir ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, ce qui est vu, perçu, selon le point de vue et la subjectivité. Au fil des pages, on se sent emporté avec Peter dans un univers sombre et confus où l’on perd peu à peu ses repères. Un texte finalement très symbolique et très dense, qui ne laisse pas indemne.

 

J’ai aimé le traitement de tous ces thèmes, l’univers parallèle que Peter s’invente, avec la cité de Jethra, le traitement permettant l’immortalité et le dilemme que cela implique par la suite, puisque subir le traitement en question implique de perdre la mémoire, le personnage de Seri auquel on s’attache, toute cette focalisation sur le manuscrit dans l’univers parallèle. Cette tension entre les deux mondes est remarquablement bien entretenue avec ces allées et venues continuelles qui parviennent à nous plonger totalement dans l’histoire, construite en miroir avec brio. Cela me perdait même par moments ; on se met à douter avec le narrateur, ne sachant plus très bien que croire, ni comment déceler le vrai du faux… Et je pense que c’est une lecture intéressante pour quiconque écrit, car on peut se retrouver dans certaines choses, notamment en se demandant à quel moment la fiction peut prendre le pas sur la réalité, ce qui montre bien tout le pouvoir infini de l’imaginaire.

 

Oh, et le héros s’appelle Peter :D


Je lui reprocherais quelques longueurs par moments, avec un rythme un peu mou. C’est en partie dû au fait que le narrateur nous plonge dans des réflexions métaphysiques, certes intéressantes, mais qui peuvent brimer le rythme du récit. Mais malgré tout, ça se lit bien, et le suspense donne envie d’aller au bout tant tout s’embrouille crescendo jusqu’à la fin. Et quelle fin, d’ailleurs ! Je me doutais que cela finirait à peu près ainsi, mais elle concorde bien avec l’esprit général de ce livre, en particulier la dernière « phrase » du roman.

 

J’ignore si ce roman est considéré comme l’un des meilleurs de Christopher Priest car je n’ai pas encore mené ma petite enquête sur le sujet, mais comme je découvre à peine cet auteur, cela ne peut que m’encourager à en lire davantage. C’est donc un bon livre, intelligent et subtile, propice à la réflexion sur tant de thèmes que j’affectionne, et dont j’ai apprécié la lecture, avec une intrigue consistante et originale. Je me rends compte qu’il est difficile de parler d’un tel roman, tant il est étrange et spécial, surtout pour ne pas spoiler, donc je ne peux que vous conseiller de vous enfuir de la réalité le temps d’un voyage dans ces pages étranges et captivantes. Grazie mille a te, VampirElla mia, de me l’avoir fait partager. Je ne manquerai pas d’en découvrir davantage sur cet auteur britannique qui m’a convaincue avec sa Fontaine pétrifiante.

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vendredi 11 mars 2011

Children fears

            Quand il est question d’enfance et de magie, il est évident qu’il n’y a pas que de jolies figures amicales et rassurantes. Cela faisait longtemps que j’avais envie de consacrer un article sur les personnages de fiction qui m’ont terrorisée pendant mon enfance. Et étant donné que j’étais une petite fille avec beaucoup d’imagination et facile à effrayer (ça n’a pas beaucoup changé, ahem…), il y en a eu pas mal. Donc voici un petit palmarès de ces vilains et traumatisants personnages de mon enfance, classés dans l’ordre décroissant :

 Noir

1) La momie de Rascar Capac dans Tintin :

Alors, celle-là, c’est la pire. Le PIRE traumatisme de mon enfance, et vous savez quoi ? Je n’en suis toujours pas guérie ! La preuve, en cherchant une image sur Google-images, j’avais déjà les mains moites, et d’ailleurs au final, j’ai décidé de ne pas mettre d’image du tout. Je ne veux pas que cette chose qui m’a fait horriblement peur des années durant soit sur mon blog, non, non ! J’ai toujours peur en regardant cet épisode, épouvantée au moment où Tintin fait ce rêve où la momie entre dans sa chambre par sa fenêtre, la boule de cristal dans les mains, avec son affreux rictus de momie… Et elle n’a pas traumatisée que moi, la garce, il y a même des groupes Facebook qui sont consacrés à cette horreur et à ses malheureuses victimes telles que moi. D’ailleurs, ma cousine en avait très peur aussi, et sa sœur s’amusait même à enjamber le rebord de la fenêtre la nuit en faisant mine de nous lancer une boule de cristal… aaah ! Oui, elle reste numéro un, et d’ailleurs, de toutes les créatures effrayantes, je n’ai peur que des momies encore aujourd’hui, elles me pétrifient littéralement.

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            2) Le Groke dans les Moomins

            Ce truc aussi m’a fait faire un certain nombre de cauchemars, d’autant qu’il apparaît dans plusieurs épisodes des Moomins sans prévenir. Mais celui qui me faisait vraiment peur, c’était l’épisode de sa première apparition, « Le Groke », où il arrive à la vallée des Moomins la nuit, ce gros truc tout noir au regard fou qui glace tout sur son passage en grognant pour réclamer son diamant, avec ce thème musical inquiétant en fond, brr ! D’ailleurs, pour la petite histoire, l’une de mes copines de fac qui a passé un an en Finlande, est le grand manitou des Moomins de ma connaissance et leur a même consacré son mémoire de Master (oui parce qu’avant d’être de mignonnes petites créatures d’anime japonais, les Moomins sont avant tout des contes noirs finlandais). Et là, elle m’a appris que le Groke… est en réalité une femelle !! Ah, quel choc ! Le mythe s’effondre ! Mais du coup, j’en suis à peu près guérie, il ne me fait plus peur même si je flippe toujours un peu devant cet épisode. Et quand on connaît mieux l’histoire, on se rend compte que c’est un personnage assez touchant finalement, car il (pardon elle) est juste solitaire et triste. Brefle, le Groke est le pire, mais en fait il y a plein de créatures flippantes dans les Moomins, même dans l’anime pourtant plus gentillet, c’est un univers assez psychédélique et weirdo.

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 et

3) E.T.

Que ce soit clair : pour moi, E.T. n’est ni mignon, ni touchant. C’est juste un horrible monstre qui n’aurait jamais dû quitter sa planète ! Ce que j’ai pu en cauchemarder, de cet E.T., bravo Spielberg ! Je connais pas mal de monde qui en avait peur également, je pense que son aspect effrayant (si, si !) explique tout, aussi gentil puisse-t-il être. Et c’est une phobie tenace : Je m’appelle Mely, j’ai 17+7 ans, et je ne peux toujours pas regarder ce film sans trembler comme une feuille, en particulier les scènes où il renvoie la balle, où il est caché parmi les peluches, et où il est malade et tout blanc sur la plage… Heureusement, la fin est merveilleuse : E.T. repart sur sa planète et ne reviendra plus jamais, niark !

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 leprechauns

            4) La mort dans Les lutins sauteurs

Ma phobie des momies est fatalement liée aux squelettes. Il n’y a que Tim Burton qui est parvenu à me les rendre sympathiques, mais petite, j’en avais peur. Et cette représentation de la Mort, dans ce gentil petit film, nous terrifiait, mon frère et moi, quand elle glissait à toute allure avec son sourire démoniaque en pourchassant la voiture… Mais c’est une peur oubliée, car quand nous avons revu le film ensemble, il y a quelques années, nous avons pouffé de rire en nous rendant compte à quel point c’était mal fait et irréaliste.

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5) Les extraterrestres dans Mars Attacks!

Right. Là, je l’admets, j’ai honte. Vous pouvez rire, fair enough. Ça doit être le tout premier film de Tim Burton que j’ai vu, et à l’époque, je ne connaissais ni ce merveilleux monsieur, ni l’esprit de ses films. Et du coup, l’ayant vu enfant et impressionnable, j’ai pris ce film au premier degré… et il m’a fichu une trouille monstre ! Mais une trouille qui n’a pas duré bien longtemps et qui a vite disparu. D’ailleurs, j’adore ce film qui est super poilant, et il me tarde de recevoir le blu-ray pour le revoir. Peur totalement évaporée, donc, c’était plus sur le coup que sur du long terme. En plus, l’un de nos cris de ralliement, avec mon frère, c’est le cri des Martiens : « Nia ! Nia nia ! Nianianianianiania ! » Et ça fait du coup des années que le mot « non ! » employé l’un à l’autre s’est vu remplacé par « nia ! ». Voilà.

*

 mick_jagger

            6) Le chanteur des Rolling Stones

            Bon, là, c’est juste pour le fun. Il ne m’a pas traumatisée mais c’est vrai que Mick Jagger m’a toujours fait un peu flipper, petite. Sa tête me faisait peur, il me faisait penser à une espèce de serial killer alien psychopathe, brr… Une peur qui a disparu, heureusement, pauvre monsieur !

 *

            Voilà. Finalement, je me rends compte que ça va, la plupart de ces personnages sont CENSES faire peur à la base, et encore maintenant, certains de ces personnages me mettent encore mal à l’aise. Et vous, quels étaient ceux qui vous terrifiaient, si comme moi vous n’étiez pas de courageux petits lutins ? Je serais très curieuse de savoir, maintenant…

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jeudi 3 mars 2011

Ella Enchanted, par Gail Carson Levine (1997)

EllaEnchanted

 

            J’avais envie de m’offrir ce livre depuis un moment, car j’adore l’auteur, à l’origine des Disney Fairies dont elle a écrit les aventures, et sachant c’est son premier roman dont j’avais bien apprécié l’adaptation cinématographique. Bon, il y a écrit Ages 8 up, sur la quatrième de couverture, mais je n’ai que 9 ans de plus, d’abord. Na.

            J’avais vu le film Ella Enchanted il y a quelques années en Flandres, et je l’avais trouvé mignon, me souvenant que la petite dont je m’occupais me l’avait décrit comme « une histoire à la Harry Potter pour les filles ». Donc je me suis commandé le livre récemment, en VO, et j’ai passé un moment absolument enchanteur, c’est le cas de le dire.

            L’histoire est celle d’Eleanor of Frell (Ella), qui s’est vu accorder à la naissance un don maudit par sa marraine, la fée Lucinda : elle doit obéir à chaque ordre qu’elle reçoit, qu’il soit instinctif ou volontaire. Mais au lieu de l’avoir rendu obéissante, ce don a fait d’Ella une rebelle qui n’a pas l’intention d’accepter cette malédiction. Agée de quinze ans, elle décide de se lancer dans une quête afin de retrouver Lucinda pour lever le sort, entourée d’ogres, de géants, d’un prince charmant et d’une horrible belle-famille.

            Autant dire que la première chose que j’ai remarqué au cours de ma lecture est que le film est une adaptation très libre et que le livre est nettement plus magique et original. Il s’agit d’une histoire de Cendrillon modernisée avec originalité, féerie, humour, aventure, émotion et un soupçon de romance, sur fond d’univers enchanteur. On y retrouve également les thèmes traditionnels plus noirs des contes tels que la cruauté et l’angoisse.

            On compatie et on s’attache beaucoup à Ella, avec son courage, sa détermination à combattre ce sort tout comme l’on déteste ses demi-sœurs et que Lucinda nous exaspère. Le prince Charm est un prince charmant des temps modernes, intelligent, attentionné et voyageur, auquel on s’attache également. Le ton est léger et le style simple mais fluide et agréable, avec l’héroïne comme narratrice. On assiste à des moments un peu dramatiques, notamment lorsqu’Ella doit s’éloigner de Char à cause de son don. Il y a de l’amour sans que cela ne sombre pour autant dans le mièvre, avec les lettres que s’échangent Ella et Char lors de son voyage. Certaines scènes sont très drôles aussi, par rapport au don de la pauvre Ella qui se retrouve souvent dans des situations impossibles. Enfin, le sujet principal du roman, l’obéissance, est exploité avec perspicacité et offre des pistes de réflexion intéressantes pour les enfants mais également les plus grands.

            J’ai beaucoup apprécié la découverte d’Ayortha, contrée magique que l’on retrouvera dans d’autres romans de Gail Carson Levine, comme Fairest que je viens de terminer (cette fois inspiré de Blanche-Neige), et qu’elle a su étoffer avec une grande minutie, à commencer par la langue ayorthienne qu’Ella apprend, et dont on retrouve un petit glossaire dans les extras du livre. Cette édition propose d’ailleurs de chouettes extras, avec notamment les autres titres que l’auteur avait choisi pour le livre, des anecdotes sur l’histoire et un extrait de Fairest. En plus, la couverture est vraiment charmante, et la petite fille dessus incarne une Ella très mignonne (bien plus qu’Anne Hathaway)

            Mon seul petit regret serait que l’on ne revoit pas Areida, la gentille amie ayorthienne d’Ella, à la fin du livre, alors que c’était un personnage agréable et qu’Ella lui devait une explication.

            C’est donc un très joli roman, pétillant, rafraichissant, plein de fantaisie et une belle porte vers le rêve, entre conte de fée traditionnel et roman fantastique d’initiation, rempli de clins d’œil à des œuvres de référence, et dont la maturité séduira tous les amateurs d’histoires magiques, de tous âges. Je continue d’ailleurs mon voyage dans l’univers de Gail Carson Levine dont mon amoureux m’a offert trois livres pour la Saint-Valentin. J’aime vraiment beaucoup cette auteure, qui semble d’ailleurs une dame très intéressante, qui fait redécouvrir les contes de fées de manière merveilleuse, entre finesse, humour, et surtout magie. Un roman parfait pour se détendre et rêver.

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mardi 1 mars 2011

Lectures de février 2011

 

Février 2011 :

 

-          Tout bien dire, tout bien faire : Le guide du savoir-vivre, Claudine Wayser ****

-          The Liberal Party in Britain (1906-1924), de Richard Davis ***

-          Emblèmes, Hors-Série 4 : Les Rêves ****

-          Ella Enchanted, Gail Carson Levine ****

-          Far from the Madding Crowd : Thomas Hardy entre tradition et subversion, Isabelle Gadoin **

-          Le lagon, et autres nouvelles, Janet Frame ***

-          Journal d’un vampire (tome 2), L-J Smith **

-          Journal d’un vampire (tome 3), L-J Smith **

-          Le lagon, and Other Stories, Janet Frame ***

-          Janet Frame, The Lagoon and Other Stories : naissance d’une œuvre, Claire Bazin et Alice Braun ***

-          Fairest, Gail Carson Levine ***

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dimanche 27 février 2011

Emblèmes, Hors-Série 4 : Les Rêves

 

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    Après la féerie, ma Fay m’a offert un plongeon dans les rêves à travers ce nouveau numéro d’Emblèmes. Et encore une fois, j’ai été charmée. Cela a été un pur plaisir de découvrir ou redécouvrir des auteurs à travers ces histoires magiques. Cette fois, toutes les nouvelles m’ont plu, bien qu’il y en ait que j’ai beaucoup plus aimées que d’autres. Aussi je vais toutes les présenter en précisant ce qui m’a particulièrement enchantée dans ce recueil.

 

Avant de parler des nouvelles elles-mêmes, je souhaite dire un mot sur la deuxième illustration du recueil, celle ornant la page NOUVELLES. Les autres, toutes de Ruby également, sont très belles aussi, mais celle-ci m’a complètement envoûtée au point que je suis restée bloquée dessus pendant plusieurs minutes avant de finalement débuter ma lecture :

 

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Charles de Lint : Granny Weather

 

J’ai été très heureuse de commencer ce recueil avec cet auteur que j’avais déjà beaucoup aimé dans le précédent Emblèmes. Je dois dire que le début de ma lecture, où l’héroïne rencontre le spectre, m’a mise un peu mal à l’aise, sans que je sache vraiment pourquoi… Néanmoins, au fil des lignes, j’ai réellement accroché à cette petite histoire pleine de mystère et d’originalité. J’ai été séduite par l’idée du pain à souhait, des sacrifices de l’héroïne, de sa relation avec Jeck, de la dualité entre le monde des rêves et le nôtre, et surtout du style de cet auteur que j’espère pouvoir encore longuement lire par la suite. J’ai eu plusieurs fois des pincements au coeur et je me suis vraiment sentie... impliquée dans cette aventure. Est-il besoin de préciser qu’encore une fois, elle a été ma préférée du recueil ?

 

Gary A. Braunbeck : Le Prix de Consolation

 

                Celle-ci m’a beaucoup touchée, avec ce héros qui désire supprimer le rêve de son père dans lequel il est mort à la place de son jumeau et de leur mère. Cette histoire est à la fois poignante, cruelle, et très émouvante. J’ai adoré la personnalité de Rael et ses répliques cassantes, ainsi que la chute, et l’épitaphe du père.

 

Nicholas Eustache : Une Berceuse d’Eveil

 

                Alors, celle-ci m’a moins marquée sur le moment, mais lorsque je l’ai relue quelques jours plus tard, elle m’a parlé bien davantage. Peut-être avais-je besoin d’une conversation avec la Lune pour l’apprécier à sa juste valeur ? Il s’agit d’une quête, spirituelle et mystique, que nous avons tous entreprise un jour : retrouver un songe perdu. Et la manière dont cette nouvelle et construite, avec le narrateur poursuivant désespérément sa quête, et la mythologie attribuée aux rêves, m’a finalement séduite. La chute, amenée par les explications de la maman, m’ont troublée et fait comprendre toute la subtilité de cette histoire.

 

Claude Mamier : Un Paysage de Rêve

 

                J’ai un peu moins accroché à cette nouvelle, mais quelques aspects m’ont plu, comme le symbolisme, le personnage d’un vieillard écrivant et l’idée du pays des rêves de l’héroïne emporté par les ténèbres. Au final, c’est peut-être celle que j’ai le moins aimée.

 

Ovide : Le Sommeil et les Songes

 

                C’est une bonne idée que d’avoir inclus ce texte d’Ovide, extrait des Métamorphoses et sur le thème du rêve, à ce recueil. C’est donc une nouvelle assez différente des autres composant ce livre, que ce soit au niveau du style comme de l’intrigue. C’est un petit texte très symbolique, présentant le rêve avec une interprétation mythologique et la manière dont on le voyait dans l’antiquité, où les Dieux ont un grand rôle à jouer. J’ai beaucoup aimé la fin, tragique et belle. Au final, ce n’est pas une de mes nouvelles préférées, mais ce fut une lecture intéressante et agréable à lire sur le plan du style.

 

Kristine Kathryn Rusch : Etats Oniriques

 

                Une nouvelle intéressante, qui exploite le thème du rêve d’un point de vue scientifique, avec le cas des jumeaux monozygotes dans l’histoire de Carter et Desmond. On y pose des questions subtiles sur la vérité, l’amour, fraternel comme sentimental, la solitude, le besoin des autres… On se retrouve plongé dans l’esprit de Carter, que j'ai beaucoup aimé avec sa manière de voir les choses, jusqu’à arriver à cette chute terrible et époustouflante. Je l’ai beaucoup appréciée.

 

Léa Silhol : Là où Changent les Formes

 

                J’attendais avec impatience cette nouvelle de Léa Silhol qui est la dernière du recueil. Je dois avouer que le début a été un peu longuet à mon goût, mais dès l’apparition du dieu des Rêves, j’ai été littéralement transportée. L’héroïne, Estel, décide en effet d’entreprendre la tâche lourde et étrange de réaliser son portrait. C’est une très belle nouvelle, sur les nuances et les contrastes, écrite avec un très beau style, poétique, mélancolique et empreint de mystère et d’obscurité. De plus, j’ai trouvé les dialogues entre Estel et Morphée savoureux et plein de profondeur, et ma lecture s’est achevée en me laissant toute rêveuse, c’est le cas de le dire, surtout à 6h30 du matin dans le train ;)

 

*

En conclusion, encore une très belle découverte que m’a fait partager ma Fay, et que j’aurai plaisir à redécouvrir encore et encore, et que je conseille à tous les rêveurs et amateurs de belles histoires…

 

*


Edit du 28/02/11

 

Lily : Tête de linote que je suis, j'avais totalement oublié que tu avais toi aussi consacré un article de ton blog à cette anthologie (je suis tombée dessus en recherchant un de tes anciens articles sur Neil Gaiman et ça m'a fait sourire plein de fois de lire ta critique de chaque nouvelle, parallèment aux miennes, les différences et similtudes, tant par rapport à nos impression que pour la manière d'en parler :)

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lundi 21 février 2011

Black Swan, de Darren Aronofsky (2010)

BS

 

Je l’ai vu il y a quelques jours, et je n’arrive toujours pas vraiment à mettre des mots sur ce que j’ai ressenti, mais je vais essayer.

Nina (Natalie Portman), ballerine au sein du très prestigieux New York City Ballet, se dévoue corps et âme à la danse classique, sa passion de toujours. Quand Thomas Leroy (Vincent Cassel), le directeur artistique de la troupe, prend l'initiative de remplacer Beth (Winona Ryder), danse étoile devenue trop âgée pour ce métier, pour son nouveau spectacle, une version sombre du Lac des cygnes, son choix s’oriente vers Nina. Mais l’innocence et la douceur de la jeune fille, parfaite pour le Cygne Blanc, l’empêchent d’interpréter un Cygne Noir crédible, qui, lui, symbolise la sensualité et les ténèbres. Nina rencontre alors une autre danseuse, Lily (Mila Kunis), qui se révèle parfaite pour interpréter le Cygne Noir, et une amitié étrange et perverse se lie alors entre elles tandis que Nina découvre, avec une fascination grandissante, son côté sombre, refoulé depuis longtemps Mais l'extérioriser risque bien de la détruire…

J’avais vraiment hâte de le voir et je pensais sincèrement adorer. Après tout, j’aime le ballet, j’aime le lac des cygnes, j’aime les films psychologiques et l’opposition Lumière/Ténèbres, et j’aime Natalie Portman. C’était donc bien parti pour me plaire. Alors premièrement, je dirais que je reconnais la puissance de ce film, tout comme j’admets que l’histoire est bien ficelée, avec un symbolisme brillant, un potentiel psychologique intéressant qui a été exploité de manière assez intelligente, et originale, avec le thème du doppelganger, ces deux cygnes qui se confrontent, celui de l’amitié ambiguë et perverse mêlée de rivalité… Le tout offert par de très beaux jeux d’acteurs sur cet univers de la danse en apparence féerique. Oui, c’est habile, et les scènes de danse, sur cet air mythique, sont réellement magnifiques.

Mais... malgré tout ça, je l’ai détesté. Avec un grand D, même. C’est d’ailleurs la première chose que j’ai dite à Ludovic en sortant du cinéma. C’est étrange, car je reconnais que c’est un bon film, mais je l’ai trouvé trop... gênant, dérangeant, perturbant même, et pourtant ça ne me gêne pas d’habitude au cinéma, n'allez pas me prendre pour une petite nature ; j'aime être surprise, choquée, bouleversée. J'aime qu'un film m'ait suffisamment touchée pour ne penser plus qu'à ça pendant quelques temps, mais là, ça n’est vraiment pas passé. Le début m’a déjà donné une impression de mal-être, avec la caméra en gros plan qui m’a presque donné la nausée, et cette sensation est demeurée, et d’abord je ne supporte pas les ongles, on ne devrait même pas en avoir. L’atmosphère générale du film m’a mise mal à l’aise, et les scènes de schizophrénie, certes intenses et nécessaires à l’histoire, m’ont été vraiment désagréables. Je me suis sentie oppressée, prise en otage. Au final, j’ai passé un moment assez pénible, dans le stress, mais un stress qui n’avait rien de positif, comme c’est parfois le cas avec des films qui « prennent aux tripes », et j’avais hâte que ça se termine, pas parce que je m’ennuyais, au contraire, mais véritablement parce que ça m'était indigeste.

Concernant les acteurs, j’ai été ravie de retrouver ma chère Winona Ryder, dont la présence ici est aussi puissante qu’effrayante, avec un jeu exprimant toute la souffrance et l'esprit vindicatif du personnage. Natalie Portman est l’une de mes actrices préférées, sans conteste, et son interprétation est absolument brillante, convaincante dans ce rôle d’enfant innocente incapable de se laisser aller et d’incarner par conséquent le Cygne Noir, entre candeur, passion refoulée et folie. Néanmoins… j’ai trouvé que ce rôle ne lui allait pas vraiment, par rapport à ses précédents rôles peut-être, ou tout simplement à l’image que j’ai de cette actrice, allez savoir… Mila Kunis campe un Cygne Noir parfait, entre malice et sensualité, et l’interprétation de Vincent Cassel est concluante et parlante, pour une fois (ça change des autres films dans lesquels je l’ai vu, surtout « Elizabeth » pour lequel il aurait mérité l’oscar du pire acteur de tous les temps).

L’aspect psychologique est, comme je l’ai dit, bien exploité et riche, mais reste tout de même un peu manichéen par moments, et dans le même style, j’ai d’ailleurs préféré Fight Club, par exemple. Et peut-être une légère frustration car au bout d'un moment, je m'attendais à quelque chose de complètement surnaturel (suis-je la seule à avoir pensé que la mère de Nina était un fantôme ??)

Donc voilà, c’est un film intéressant, prenant et profond, et il mérite les récompenses qui lui sont promises, vraiment. Mais je n’ai vraiment pas accroché, voilà tout. C’est bizarre, peut-être qu’avec du recul, je saurai être plus précise dans ce que j’ai ressenti, car c’est encore confus, mais voilà mes impressions à chaud, un peu fouillis. Je pense que ça vient du fait que je suis très extrême, aussi, un tel film, un grand film, certainement, ne pouvait pas me laisser indifférente, mais ça ne pouvait que passer ou casser, sans stades intermédiaires. Du coup, peut-être aurait-il pu me plaire si je l’avais vu dans d’autres conditions, un autre état d’esprit, ou simplement à un autre moment. Vraiment étrange, hein ? Mais encore une fois, je reconnais que c’est un bon film, exceptée cette fin, en apothéose et en accord avec tout le reste, sans nul doute, mais si prévisible...

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samedi 5 février 2011

Lectures de janvier 2011

Janvier 2011 :

 

- La grammaire en contexte, J-C Souesme ***

- Journal d’un vampire (tome 1), L-J Smith **

- Lolita, roman de Vladimir Nabokov (1955) et film de Stanley Kubrick (1962), Didier Machu, Taïna Tuhkunen-Couzic, et Collectif ****

- Le Sud après la guerre de Sécession : de la Reconstruction à la reségrégation (1865-1896), Frédéric Robert, Armand Hage, Elisabeth Lamothe, et Gérald Préher ***

- Neverwhere, Neil Gaiman ***

- Stardust, Neil Gaiman ****

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mardi 11 janvier 2011

Journal d'un vampire, par Lisa Jane Smith (1991)

9782012017641

 

J’ai décidé d’ouvrir une nouvelle rubrique que j’intitule « Critiques ». Mon blog est déjà rempli de critiques de livres et de films, me direz-vous. Sauf que d’habitude, je ne poste que celles concernant mes œuvres préférées ou que j’ai particulièrement aimées. Néanmoins, j’ai souvent envie de parler d’autres œuvres, qui certes ne m’ont pas plu ou peu, mais qui mériteraient qu’on en parle, ou du moins que je donne mon opinion personnelle à leur sujet. Je ne l’ai jamais fait avant car je me refusais à remplir mon blog de choses que je n’aime pas. Mais j’ai envie de m’y mettre à présent car si j’ai déjà posté des dizaines de critiques « négatives » sur des forums ou d’autres blogs, je peux bien le faire aussi sur le mien, n’est-ce pas ? Cela dit, j’essayerai de rester dans le genre de romans dont je parle habituellement ici, c’est-à-dire du fantastique, de la fantasy et tout ce qui s’y rapproche… Tout ce qui, finalement, s’annonçait magique ou du moins intéressant et qui a été décevant, mais dont j’ai tout de même envie de dire un mot.

J’inaugure donc cette rubrique avec ce livre que j’ai terminé il y a quelques jours, Journal d’un vampire, de Lisa Jane Smith. C’est un livre que m’a offert mon amie Cathy pour Noël car j’avoue que je n’aurais certainement jamais investi dans un livre de ce genre, étant assez frileuse quant aux piles de romans commerciaux qui paraissent selon la mode du moment, celle-ci étant aujourd’hui aux « vampires romantiques » depuis la vague Twilight. Ne vous méprenez pas, j’affectionne beaucoup les romans de Stephenie Meyer, je l’ai déjà dit (bien que mon engouement réel s’arrête après le tome 2). Cela dit, en lire de pâles copies publiées simplement parce que c’est la mode ne m’intéresse pas. J’en avais déjà fait l’expérience, grâce à Cathy justement qui elle, depuis la fin des Twilight, reste une mordue de romans de vampires fleur bleue et achète toutes les nouveautés du même genre, mais rien ne m’avait transcendée. C’est bien souvent du réchauffé, mal écrit, sans réel intérêt.

Néanmoins, mes préjugés n’avaient pas lieu d’être pour ce roman puisqu’il a été écrit et édité AVANT la saga de Stephenie Meyer, preuve que cette dernière n’a rien inventé, et a été réédité en raison de la tendance actuelle. Mais malgré cela, l’impression de « pâle copie » est demeurée. Peut-être l’aurai-je trouvé plus original si je l’avais lu avant, par rapport à la mythologie vampire (parce qu’au bout d’un moment, le coup du beau vampire romantique, gentil et se nourrissant du sang des animaux, ça lasse). Mais cela mis à part, au niveau du reste : style, intrigue, personnages, etc, il est nettement moins bien. Néanmoins, je l’ai terminé, et c’est bien là un point important. A savoir que j’ai beaucoup de mal à achever une lecture quand je ne l’aime pas et en général, je ne me force absolument pas, sauf quand j’y suis obligée, pour les cours par exemple. Mais là, j’avoue que je n’en ai même pas eu besoin, malgré les quelques 400 pages. Et c’est bien là le « pouvoir » de ce genre de livres : malgré la qualité qui laisse à désirer, ils se lisent vite et bien. Le style étant simpliste et l’intrigue fluide, ça se lit facilement, et c’est sans doute pour ça que l’on nomme ça « romans de gare » : le genre de livres simples et sans prise de tête que les gens cherchent pour combler tranquillement une heure de train. Mais je tiens à préciser que malgré mon amour de la littérature, je ne suis pas méprisante envers ce genre de livres. Bien que je n’en sois pas fan moi-même, ils détendent et font du bien à certaines personnes, et restent des livres, c’est-à-dire une occupation bien plus intelligente que beaucoup d’autres. Je ne veux pas jouer les prétentieuses et prétendre ce que je ne suis pas : certes, je fais des études littéraires, j’aime beaucoup de classiques, anglais notamment, mais j’essaie de lire de tout même si mes préférences vont vers tout ce qui a la capacité de me transporter dans un autre mode, j’apprécie également des romans tout simples, sans prétention. Et si j’ai le choix un soir d’ennui entre lire du Faulkner ou du Meg Cabot, mon choix est vite fait, je serais hypocrite de prétendre le contraire. Bon, l’idéal est évidemment d’allier les deux : des romans qui soient à la fois simples et sans prise de tête mais également originaux et dotés d’un certain style, mais bon, le problème avec ce genre de livre est qu’ils sont écrits à la chaîne, selon la mode et la demande du moment, si bien qu’il est difficile de trouver des perles parmi le tas.

Pour en revenir à Journal d’un vampire, il n’échappe donc pas à la règle. Une trame qui rappellera sans difficulté celle de Twilight : un jeune garçon très beau et très mystérieux débarque dans le lycée du petit bled où vit l’héroïne, et celle-ci se trouve vite attirée par lui avant de s’apercevoir… que c’est un vampire, quelle surprise ! Avec un triangle amoureux entre l’héroïne, le héros et son rival, comme dans Twilight aussi. Une trame qui n’a rien de bien original, ai-je pensé dès le début, et effectivement, à aucun moment je n’ai eu droit à une fabuleuse surprise et où je me suis dit : « Oh, c’est super, il fallait y penser ! » donc à ce niveau-là, une intrigue sans surprises, rédigée sur une structure un peu décousue et fouillis parfois : nous avons un narrateur omniscient qui nous raconte l’histoire principale avec une focalisation interne sur l’héroïne, et à certains passages passe à une focalisation sur le vampire et sa vie d’autrefois. Le tout entrecoupé d’extraits du journal intime de l’héroïne. Bon, une fois que l’on a compris le fonctionnement, c’est sympa, et ça permet un peu de partir dans différentes directions. Le style… je serais peut-être sévère de le qualifier de pauvre, mais en tout cas il n’a rien d’extraordinaire, très simple et l’auteur abusant parfois du style indirect libre qui en vient à agacer, surtout à cause de côté ado et du manque de distance : « Depuis quand, elle, Elena Gilbert, avait-elle peur de rencontrer des gens ? Ou de quoi que ce soit, d’ailleurs ? » (p. 13), « Elena se savait belle en toute circonstance […] » (p. 94). Et certains dialogues manquent un peu de naturel, notamment entre Elena et ses deux meilleures amies, on n’y croit pas toujours, et c’est pareil pour certaines scènes, comme celle où Stefan tient tête au prof d’histoire en soutenant que les jeunes de la Renaissance jouaient au foot. C’est… je ne sais pas. Certaines idées ne sont pas mauvaises, c’est juste qu’elles manquent parfois un peu de… maturité, je dirais. Et l’intrigue policière est très facile à résoudre (même pour moi qui pourtant ne lit pas de policier), au point qu’on a l’impression que certaines choses sont bâclées, voire franchement tirées par les cheveux parfois. Oh, et l’histoire d’amour, qui est bien l’un des intérêts de ce livre, n’est absolument pas étayée et approfondie : elle l’aime, on le sait, on apprend qu’il l’aime aussi. Point. Et ça sombre dans le mièvre, aussi. A certains passages, ça me fait presque penser aux histoires fleur bleue que j’écrivais quand j’avais quinze ans, sérieusement.

Pour dire un mot sur les personnages, j’ai détesté l’héroïne, Elena, du début à la fin. On nous présente d’emblée une jeune fille imbue d’elle-même, blonde, capricieuse, ne pensant qu’à séduire les garçons et à être élue reine du lycée, youpi. Et pourtant, à certains passages, on en arrive à de grands moments de sensibilité, voire de niaiserie, un peu déconcertants. Et puis les héroïnes qui ont trop de caractère et qui l’ouvrent sans cesse, ça me gonfle, surtout quand elles sont un brin pétasses. Le héros, Stefan, est un Edward italien. D’ailleurs, il faudra qu’on m’explique où est la logique à appeler un Italien du XVè siècle ainsi… Il est distant et évite Elena au début avant de succomber, celle-ci lui rappelant son premier amour. Un charmant petit vampire gentleman, tout vertueux, végétarien et propret (bien qu’il soit convaincu de porter le Mâââl en lui). Au contraire de son frère Damon car le cœur de l’héroïne se trouve divisé entre Stefan et son diabolique frère. Enfin, le sera plutôt, car pour l’instant, malgré une certaine attirance, elle en est encore au stade : « Tu es mauvais ! Tu me répugnes ! ». Damon me faisait rire à certains passages, il est tellement odieux et énervant avec tout le monde que c’en est amusant. Mais du reste, c’est l’archétype du badboy séducteur prétentieux et sarcastique, pas de quoi en faire une histoire. En revanche, j’ai bien aimé l’une des meilleures amies d’Elena, Bonnie qui est attachante et complètement décalée. Et j’ai adoré détester Caroline, l’ennemie de l’héroïne qui, bien qu’étant aussi un peu clichée, a un machiavélisme délicieux.

Un petit mot également sur un point qui m’a bien fait ricaner : celui des prénoms. C’est un point sur lequel je suis assez à cheval aussi, je suis assez difficile à ce niveau-là (d’ailleurs rien que le prénom de Bella avait suffi à me refroidir lors de ma lecture de Twilight, malgré mon intérêt pour le livre). Là, ce n’est pas vraiment les prénoms qui m’ont dérangée, mais ce que l’auteur en fait. Par exemple, j’aime beaucoup quand les écrivains dissimulent les indices ou des références dans les prénoms et noms de leurs personnages, mais ça doit rester subtil alors que là, c’est gros comme une maison ! Déjà, appeler le méchant vampire Damon, franchement, quelle finesse, et quel réalisme surtout pour un Italien ! D’ailleurs, à ce sujet, j’ai ri en découvrant que leur nom de famille était Salvatore. Parce que c’est peut-être exotique pour des Américains, mais ici, chez moi, c’est le prénom typique des vieux nonno siciliens (en concurrence avec Giuseppe qui est, justement, le prénom de leur père !) ou de jeunes machos italiens un brin simplets, donc pour la fascination, en ce qui me concerne, on repassera. Et à certains moments, ce sont les personnages eux-mêmes qui font part de l’incroyable recherche de leur nom ! Comme Stefan qui sort à un moment : « Tu sais ce que veut dire Salvatore, en italien, Elena ? Ça signifie « sauveur » (p. 218) *pouce en l’air, air blasé*. Ou encore : « Et Stefan est un dérivé du prénom Etienne… le premier martyr chrétien. Et c’est moi qui ai condamné mon frère à l’enfer ! » (p. 218). C’est si profond, n’est-ce pas ? Ou encore deux personnages au sujet d’Elena : « – En fait, je viens de réaliser qu’Elena était une forme du prénom Hélène. Et, je ne sais pas pourquoi, je me suis mis à penser à Hélène de Troie. – Belle et condamnée à un sombre destin… » (p. 91). Mouais… Enfin, ce manque de subtilité m’a franchement fait rire.

Il y a tout de même certains éléments qui j’ai trouvés sympas, c’est vrai, comme le personnage de Bonnie, la relation entre Stefan et son frère, l’histoire de Katherine, celle qui a transformé les deux frères, et de la bague des vampires, le meurtre du prof (je l’ai pris au second degré heureusement), l’histoire du journal intime volé (même si je savais dès le début qui était le voleur et que j’espérais presque voir Elena se voir publiquement humilier), les diverses courses-poursuites, la scène du rêve d’Elena qui, pour le coup, m’a fait frissonner. Non, sérieusement, malgré les défauts, la lecture est demeurée plaisante, il faut juste savoir à quoi s’attendre ; ce n’est pas un grand livre, on n’y découvre rien de bien transcendant. J’aurai même peut-être aimé si je l’avais lu il y a dix ans (aah, ça me fait bizarre d’écrire ça !) mais là, je reste franchement sceptique.

Voilà, ma critique est sévère dans l’ensemble, mais comme je l’ai dit, je l’ai pourtant lu jusqu’au bout, sans me forcer, malgré le fait que je n’ai pas été surprise et subjuguée. Mais comme je l’ai dit, le fait de l’avoir lu après Twilight et d’autres romans du même genre ont sans doute contribué à ma critique négative ; je dois être blasée maintenant, et ça n’a pas aidé. Au final, il est fort possible que S. Meyer s’en soit inspirée mais, si je puis me permettre, elle a su en faire quelque chose de bien plus intéressant, et avec davantage de charme. Du coup, eh bien, si on me mettait un autre tome entre les mains, un soir pour me détendre, je le lirais, je pense, pourquoi pas, il y aurait des thèmes intéressants à exploiter, comme celui du triangle amoureux, mais sinon, je l’aurai sans doute bientôt oublié. Toutefois, je ne vais pas commencer à me lancer dans ce genre de sagas car il en existe de bien meilleures du même genre, plus originales, mais après tout, chacun est libre de ses goûts, heureusement.

Posté par Mely_chan à 10:54 - Critiques - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]